Radiologie et Croissance Tumorale
Par Hartmut P.H. Neumann, M.D., et Jorg Laubenberger, M.D., Departements de Medecine et de Radiologie, Universite de Freiburg, Allemagne.
Maintenant plusieurs patients avec le VHL suivent les conseils de leurs Docteurs (qui sont experimentés) et ont des examens réguliers pour un dépistage précoce de nouvelles lésions en voie de développement et le traîtement de celles déjà connues. Les principales cibles de ces re-investigations sont: les "Hemangioblastomas" du cervelet ou de la moelle épinière, des tumeurs rénales et des "Phéochromocytomas", souvent mais pas toujours au niveau des glandes adrénales. Les techniques utilisées sont le classique "CT" ou le "MRI", avec dans les deux cas l'utilisation d'un agent contrastant ( "gadolinium") I.V.
Dans la clinique VHL de Freiburg et au niveau des confèrences patients-soigneurs telle que celle recamment tenue a Burlington, Massachusetts, nous sommes tout le temps confrontés à la situation suivante: " Je viens juste d'avoir mon examen global et on m'a dit que la tumeur à mon rein a grossi de 25%! Comme la croissance est si rapide on m'a conseillé de subir une operation".
Une croissance de 25% semble terrible. Placer de l'argent à la banque à un taux de 25% represente des interêts extrêmement élevés. Mais pour une tumeur rénale de 2 cm de diamêtre , une croissance de 25% equivaut à un diamêtre de 2.5 cm, ce qui n'est tout de même pas trop.
Je veux toujours savoir la croissance exacte. N'étant pas un radiologiste moi-même, j'ai eu plusieurs discussions avec nos radiologistes sur ce sujet. Nous avons reconnu deux aspects.
1. Il est tres important, bien que souvent pas facile, d'utiliser la même méthodologie pour le test, y compris utilisation des mêmes coupes (séctions) "CT" pour la comparaison. Les patients doivent arrêter leur respiration pour chaque coupe, mais ils n'arrêtent pas de réspirer exactement au même endroit a chaque fois. Le volume de l'air dans leurs poumons n'est pas toujours exactement le même , et le rein , qui bouge quand on réspire, a une position légèrement diffèrente. Meme si vous utilisez la même profondeur de coupe, il se peut que vous soyez entrain de prendre une image diffèrente de la tumeur.
En consequence la tumeur peut apparaitre plus grande ou plus petite simplement du fait de la position de l'image.
2. Les techniques s'ameliorent rapidement. La plupart des centres médicaux ont maintenant des équipements à balayage éléctronic (CT) de la troisième ou quatrième genèration. Avec chaque amélioration dans la concéption, la résolution (la netteté) de l'image s'est grandement ameliorée, et les photos sont plus claires. Nous avons aussi des films plus grands montrant des images plus grandes. Si l'échelle change, une plus grande photo peut donner l'impression que la tumeur est plus grande alors que ce n'est pas le cas. Toutes les images prises au CT ont une échelle absolue incorporée qui permêt de measurer les structures dans l'image ce qui doit être tenu en compte pour calculer la taille relative de la tumeur dans chaque photo.
L'amélioration de la résolution des images nous permêt aussi de voir de très petites tumeurs, tumeurs qu'on ne pouvait pas distinguer avec les équipements de la première ou de la deuxième génération. Quand ont voit ces très petites lésions on doit informer le patient. " Vous avez non pas trois mais six tumeurs dans votre rein". Le patient va penser: " Il y'a une nouvelle croissance, j'ai trois nouvelles tumeurs". Mais le radiologiste ne peut pas dire de facon définitive que ces tumeurs sont nouvelles a moins qu'il ait utilisé une machine similaire et éliminé l'effet de la respiration.
Plus est , l'amélioration de la qualité de l'image augmente l'impression que des tumeurs déjà détectées ont grossi, du fait qu'elles peuvent maintenant être vues comme ayant des bords bien précis. Les patients doivent être conscients du fait que la figuration ( representation par l'image) n'est pas précise.
A Freiburg , nous préférons avoir des contrôles à l'image tout en évitant les radiations. Les lésions rénales sont suivies graces aux photos prises au "MRI". Due au probleme lié à la respiration, nous avons developpé un programme special. Nous prenons regulierement des photographies alors que le patient arrête sa respiration pendant 12 secondes, ce qui confortable même pour des patients invalides. Pendant un cycle la moitié du rein est imagée en 8 coupes (clichés) de 8 mm d'epaisseur sans interval entre elles. L'ensemble du rein est couvert en deux séquences. Pour mesurer les prolongations "craniocaudal" (postérieures et antérieures), une troisième séquence circulaire est performée de facon routinière. Par l'application de deux séquences mêmes plus rapides il serait probablement possible d'éviter l'administration d'un agent contrastant.
Le "CT" hélicoidal ou spiral est un nouveau developement capable de couvrir un volume ( un corps) entièrement pendant un seul cycle d'arrêt de la réspiration: pour les patients ayant des "implantations" éléctriques tels que les stimulateurs cardiaques et les autres situations ne permettant pas l'utillisation du "MRI", le "CT" hélicoidal est une alternative. L'utilisation d'un contrastant est requise, et un désavantage, particulierement quand plusieurs tests sont necessaires pour le suivi, est l'utilisation des radiations.
Bien entendu, toutes les lésions des patients avec le VHL ont connu une certaine croissance, et certaines sont toujours croissantes. Mais la croissance pourrait s'avèrer être moins significative que l'impression que nous donnerait un premier coup d'oeil. Il se pourrait que de diffèrentes décisions soient à prendre, pour chaque organe affecté , à savoir si une opération chirurgicale doit être recommandée ou si elle peut être remise à plus tard. Je préfère avoir des patients très bien informés. Je sens que cela facilite la prise de decisions quant à ce qu'il faut faire.
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