Voyage Idéal de PolMontréal
Introduction
Suite à l’échec du traitement IL2 suivi
entre Mai et Juin 2003 et au verdict fatal reçu en août 2003, je
passais mon temps à la maison à ne rien faire. C’est alors que l’idée
d’un voyage a pris naissance.
Je voulais faire de ce voyage en Europe une aventure mémorable. Je savais que je voulais traverser les
Pyrénées et les Alpes, je voulais aussi voir les gorges du Verdon
et les Calanques. Je voulais visiter des endroits qui n’avaient aucun
intérêt pour elle et elle se serait embêté en automobile
tout au long des 12,502 km de ce périple. Je voulais profiter de ce dernier
voyage pleinement, faire ce que je voulais ou je voulais, quand je voulais et
ce sans compromis.
Ma première idée fut de faire ce voyage sur la côte Ouest
Américaine. J’avais déjà voyagé dans l’Ouest
Canadien mais je n’avais jamais vu la Californie. J’avais un budget
à respecter et je voulais faire ce voyage en voiture. C’est bien
beau la Californie mais il faut s’y rendre! Puisque je voulais visiter
et voir de nouveaux endroits sans passer mon temps en voiture, je me suis vite
rendu compte que l’Europe pouvait m’offrir beaucoup plus.
J’y avais été à l’age de 14 ans avec ma famille
et nous avions visité la France, la Belgique, la Hollande et l’Angleterre.
Ce fut un voyage inoubliable très fertile en émotions rempli de
merveilleux souvenirs. J’ai donc décidé que pour le projet
que j’envisageais, l’Europe était définitivement la
seule destination possible.
J’ai donc entamé des recherches sur Internet afin de déterminer
comment j’allais me déplacer, par rail ou en voiture. Je savais
que le train allait être beaucoup plus économique mais j’ai
vite réalisé qu’un Eurail Selectpass de 2 mois ne valait
pas vraiment pas la peine. La passe la plus flexible me limitait à 15
jours de rail sur une période de 2 mois et coûtait 1100$ CDN. L’alternative
qu’était l’option achat-rachat d’une voiture neuve
était le double du prix à environ 2000$ CDN. L’avantage
indéniable de la voiture était la liberté de mouvement
et la possibilité de me rendre à des endroits ou le train n’avait
pas accès. Malgré le coût additionnel, j’ai décidé
que la voiture était la meilleure option.
Je me suis donc rendu seul à l’agence de voyage locale du CAA
le 5 septembre 2003 afin de m’enquérir du prix pour le vol aller-retour
Montréal- Paris ainsi que le coût pour la location d’une
voiture. Je n’avais pas encore déterminé la durée
du voyage mais 3 mois semblaient trop longs et m’amenaient jusqu’à
Noël et 1 mois était beaucoup trop court pour en profiter pleinement.
Tout ce que je voulais faire lors de cette visite exploratoire était
une évaluation des coûts réels pour ce projet.
Lorsque de ma rencontre initiale avec l’agent de voyage Yves Leblanc,
il ne m’a pas tellement pris au sérieux tellement mon projet était
boiteux et mes intentions vagues. Je savais que la France était ma destination
privilégiée et que l’Espagne et l’Italie feraient
partie de ce voyage grâce à leur situation géographique.
Je voulais aussi voir la Grèce et tant qu’à être en
Europe, aussi bien aller visiter l’Angleterre qui n’est qu’à
un bras de mer de la France.
M. Leblanc avait donc devant lui une personne indécise avec de biens
gros projets. Nous avons donc commencé avec le billet d’avion et
le prix était très abordable. Pour la location de voiture, il
m’a déniché une offre spéciale avec Renault pour
une voiture compact à environ 1700$ CDN. Je me suis donc retrouvé
à court d’excuses et je devais prendre une décision.
Je savais intérieurement que si je sortais de l’agence sans donner
mon accord, j’aurais repoussé ce projet indéfiniment et
qu’il n’aurait jamais lieu. Mon état de santé étant
précaire, je n’avais pas le loisir d’attendre trop longtemps.
J’ai pris une grande respiration et réservé un billet d’avion
Montréal-Paris avec une date de départ le 20 septembre et le retour
le 21 novembre. J’ai aussi placé ma réservation d’auto
avec Renault afin qu’elle soit prête à mon arrivée.
Les voitures des contrats achat-rachat sont construites lorsque la commande
est passée et la compagnie a besoin d’au moins 2 semaines de préavis
pour assurer la livraison.
Ça me donnait 15 jours pour me préparer et planifier mon itinéraire.
Mon premier achat a été le Guide Vert Michelin d’Europe
qui donne une description sommaire des sites les plus intéressants en
les catégorisant par un système d’étoiles. J’ai
aussi pris une carte routière de l’Europe pour me donner une idée
des distances entre les villes. J’ai finalement acquis un permis de conduire
international nécessaire pour la conduite en Europe.
Lorsque je suis revenu à la maison avec mon guide et 2 sacs bourrés
de brochures, je me suis étonné de cette décision
impulsive. Je suis surtout le type à regarder, supputer et évaluer
pendant un bon moment avant de faire mon choix final.
J’ai étendu la carte d’Europe sur la table de salle à
dîner et identifié les endroits obligatoires qui formeraient le
squelette de mon projet. Je pouvais ainsi greffer les autres destinations autour
de ces priorités. On parle pour la France de Paris, les plages de débarquement,
les châteaux de la Loire, la côte d’Azur, et les Alpes. Je
voulais aussi visiter Florence, Venise, Rome et Naples en Italie ainsi que Madrid,
Séville et Barcelone en Espagne. Je voulais aussi aller en Grèce
voir Athènes, Marathon et les îles.
Une décision que j’ai aussi prise dès le départ
était de privilégier les routes secondaires au détriment
des autoroutes à péage. Je l’ai fait non seulement par souci
d’économie mais aussi par intérêt touristique. Je
n’étais pas dans un concours de vitesse et je voulais voir l’arrière
pays avec ses particularités. Pour atteindre cet objectif, j’avais
besoin d’un guide routier de bonne qualité et j’ai arrêté
mon choix sur l’Atlas Michelin.
J’ai donc commencé à identifier les sites intéressants
mais j’ai vite réalisé qu’Il me fallait plus que le
guide Vert Michelin. Il donnait de bonnes informations mais il n’y avait
pas suffisamment de détails et surtout, pas de photos. Cependant, il
s’est révélé tout de même fort utile pour faire
le tri initial et identifier les incontournables.
Je suis donc allé visiter une librairie pour voir les guides disponibles
sur le marché susceptibles de m’aider. De tout ceux que j’ai
vu, le Guide Voir se démarquait mais il était assez dispendieux.
Chaque pays était divisé en régions et contenait beaucoup
d’information dans un format convivial avec en prime beaucoup de photos.
J’ai donc acheté les guides de France, Italie et Espagne et planifié
en concert avec le Guide Michelin. La combinaison de ces deux outils m’a
permis d’avoir le meilleur des mondes. Voir m’en donnait trop car
pour eux tout était à visiter et Michelin donnait les grandes
lignes en étant plus sélectifs.
Je me suis rapidement aperçu qu’il serait impossible d’aller
en Grèce lors de ce voyage. Le coût du Ferry était prohibitif
et j’aurais perdu trop de temps. De plus, des amis m’ont dit que
la circulation à Athènes était horrible et qu’en
plus j’aurais beaucoup de difficulté à cause de la langue.
J’ai une petite base en italien et en espagnol car ce sont toutes deux
des langues qui ont de nombreuses similitudes avec le français. Les Grecs
ont leur propre alphabet et il m’aurait été impossible de
déchiffrer les panneaux routiers.
Pour ce qui est de l’Italie, je prévoyais me rendre jusqu’en
Sicile mais ça faisait beaucoup de route pour le nombre de sites particulièrement
intéressants. Cette décision m’a permis de passer plus de
temps en Espagne ou j’avais planifié initialement ne passer qu’une
semaine. Heureusement car j’aurais manqué beaucoup d’endroits
et je l’aurais regretté.
Je me suis fixé un objectif de conduire un maximum de 300km les journées
que je serais sur la route. Je ne voulais pas passer mon temps derrière
le volant mais je voulais tout de même m’en mettre plein la vue.
Finalement, en regardant le bilan final comparativement à mon estimation,
je me rends compte que le temps consacré à la préparation
du voyage a vraiment valu la peine. Je suis arrivé au bout de 9 semaines
avec seulement 2 jours d’avance sur mon horaire, ce qui m’a permis
de revoir mes amis Guy et Yolande à Paris et d’y passer une journée
additionnelle.
Pour l’hébergement, je n’ai fait aucune réservation
mis à part Paris au départ. En planifiant mon horaire, j’avais
identifié une ville ou une région où je désirais
passer la nuit. Je me laissais tout de même une certaine flexibilité
au cas ou je n’aimerais pas l’endroit et que je voulais continuer.
Ceci me laissait libre de flâner à un site particulièrement
intéressant et passer plus vite un autre plus ordinaire. J’aurais
pu regretter ce choix si j’avais voyagé en haute saison, mais le
fait d’y aller en septembre, octobre et novembre a beaucoup facilité
la tâche.
Au cours de mes recherches, j’ai trouvé que la majorité
des hôtels abordables étaient situés autour du centre de
la ville ou près des gares. Il me fallait cependant un guide pour me
donner au moins une idée des prix et des endroits ou trouver des hôtels.
Après en avoir consulté plusieurs à la librairie, j’ai
arrêté mon choix sur le « Let’s Go Travel Guide 2003;
Western Europe ». Sa particularité était de donner plusieurs
choix d’hôtels abordables, les sites fréquentés par
les touristes et aussi une carte détaillée du centre ville des
plus importantes agglomérations.
Ce voyage a vraiment été à la hauteur de mes attentes.
J’ai pu vois des sites historiques, des châteaux majestueux et des
œuvres d’art magnifiques. J’ai pu vivre au rythme des gens
et voir comment la vie se passe en Europe. Ce fut un voyage exténuant
mais vraiment gratifiant. Je savais en me levant chaque matin que je vivrais
une nouvelle aventure et que je verrais des sites que peu de gens ont la chance
de visiter durant toute leur vie. Quand je regarde les séquences que
j’ai filmées et relis les courriel que j’ai envoyé,
je me rends compte à quel point je suis chanceux d’avoir pu vivre
une telle expérience. J’espère que vous allez apprécier
ce témoignage autant que j’ai eu de plaisir à le vivre.
-- Paul B., Montréal, 2004
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